Les Concertos Brandebourgeois de J-S BACH.

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Oeuvre indispensable à écouter : Les Concertos Brandebourgeois direction Crevor Pinock ou Pierre Hantaï.

I. Introduction.

Le Margrave Christian Ludwig de BRANDEBURG (Laëndler de la région de Berlin) n'avait pas précisé à J-S BACH le genre de sa commande lors de leur première rencontre en 1719. On peut lire dans la dédicace des six B ce qu'en dit le compositeur " Votre altesse roale voulut bien me faire l'honneuir de me commander de lui envoer quelques pièces de ma composition ..."
J-S BACH attendra deux ans avant de répondre à l'injonction du Margrove. Il prend le temps de mûrir son travail, de reprendre des productions antérieures pour finalement fournir un ensemble de six concertos accomodés à plusieurs instruments. L'objectif du compositeur : faire un petit dictionnaire démonstratif du genre concerto comme le dit Alberto Basso ? (musicologue). Replaçons-nous dans la situation du compositeur-interprête (indissociables à l'époque) qui doit prouver ses compétences peut-être même, poser quelques jalons face à un emploeur éventuel (Karl Philippe Emmanuel BACH suivra Frédéric II à Postdam lors de son accession au trône en 1741).
Quoi qu'il en soit, J-S BACH choisit le concerto, dédicace en Français (langue pratiquée à la cour de Berlin) et se doit d'êtrte résolument moderne. En 1721, la modernité est tournée du côté de l'Italie.L'influence italienne est prépondérante dans les 6 concertos. Après une lecture rapide de la formation du compositeur nous nous attacherons à montrer comment se révèle cette influence (italienne) puis par quel biais J-S BACH la dépasse pour forger son propre style.

II. La formation.

Toujours curieux de musique étrangère, J-S BACH voyage peu mais copie à Weimar des manuscrits d'organistes: les français Nicolas de Grigny (1672-1703), l'Italien Girolano Frescobaldi (1583-1643) (connu pour sa technique du développement contrapuntique ex: ses fiori musicali de 1635) mais surtout, il transcrit pour clavecin et orgue seuls plus d'une vingtaine de concertos pour soliste et orchestre, principalement de Vivaldi, mais également des frères MARCELLO, TELEMANN et Johann Ernest de Saxe Weimar qui compose dans le style vénitien peu après la publication des opus 3 et 4 de Vivaldi chez Roger à Amsterdam. Réalisés à une époque ou sa charge ne le pousse pas à créer de la musique orchestrale (il est Konzertmeister à Weimar), ces transcriptions témoignent d'un profond intérêt pour le concerto italien.
Il écrira en 1735 un concerto nach italienschen gusto (concerto italien BWV 971) publié dans la 2ème partie du Klavier Ubring.

III. L'influence italienne dans les Concertos Brandebourgeois.

a) Le concerto pour soliste vénitien se caractérise par la prépondérance de trois mouvements vif-lent-vif à 1ère vue sur les six Brandebourgeois, 5 (les n°2,3,4,5,6) possèdent trois mouvements respectant l'alternance des tempi. Dans le n°2 et 3, le mouvement lent mineur étant toujours encadré par deux mouvements allègres majeurs.

b) L'orchestration est toujours originale néanmoins, on relève deux concertos uniquement consacrés aux cordes. Le 3ème avec 3 cello, viola e violino, violone e cembalo.
Le 6ème avec cello, violone e cembalo, 2 viola da gamba, 2 viola da braccio (altos).
Serait-ce une prise de position en faveur des archets italiens?
Dans le concerto n°2, la virtuosité de la trompette naturelle (sans pistons) en fa fait bien sûr référence à l'élite instrumentale de Cöthen (effectif d'environ 16 personnes) mais peut-être aussi à Corelli et aux concertos pour trompette de l'école de Bologne. Vivaldi n'ira-t-il pas jusu'à écrire "Alla biromba" sur une partie réservée aux cordes.
c) Si on devait résumer les jalons de l'évolution du concerto; on écrirait les termes suivants: Italie - style concertato (écouter le 1er mouvement du n°3) sonate a tre (n°2 andante) (da chiesa da camera). Concerto Grosso - concerto vénitien (écouter le n°5 pour soliste, clavecin) écouter le n°6 pour la synthèse. Chacune de ces auditions illustre les jalons posés. Pour rester dans la tradition vénitienne; J-S BACH n'hésite pas à faire dialoguer deux solistes hautbois et violonpiccolo sur une mélodie très lyrique concerto n°1 2ème mouvement (à chanter) ou encore définir dans le 1er mouvement du concerto n°5 un clavecin concertant qui lorsqu'il perd son chiffrage de basse continue entre dans le rôle du soliste (on dit de J-S BACH qu'il est l'inventeur du concerto pour clavecin au même titre qu'Haendel pour le concerto pour orgue).
On pourrait rechercher dans les 1ers mouvements du concertos ceux qui comportent une ritournelle à l'italienne voir aussi, quelle est l'influence de la danse. Comparer par exemple l'allemande du concerto n°9 op 6 de Corelli avec le 1er mouvement du 1er Brandebourgeois; lui aussi en FAM binaire à C barré avec un appui sur le 2ème temps caractéristique de cette danse (allusion d'ailleurs à la France mais très italienne par son ruban de double croches).

IV. Le style de BACH.

"Je suis compositeur, je dois prouver mes compétences donc je dépasse l'influence italienne, je forge mon propre style" tel aurait pu dire J-S BACH.
On ait que le recueil des Brandebourgeois n'a pas été composé dans l'ordre ou il nous est parvenu aujourd'hui mais on remarque un certain nombre d'éléments qui rendent le discour convainquant.

a) L'improvisation.

Dans le concerto n°3 (mouvement lent) deux accords sont notés et c'est tout ! L'interprête doit improviser cet adagio (écouter pour cela l'enregistrement de Trevor Pinock).
Dans le concerto n°5, Bach écrit son improvisation; il suffit de repérer certaines formules.

b) Un modèle de forme ritournelle plus élaboré.

On retrouve le modèle de la ritournelle vénitienne [exorde (courte introduction), continuation (ou argumentation) et épilogue].

CONCLUSION :

Voyez à quel point J-S BACH affine son discours musical. On ne perçoit pas tout cela à la 1ère écoute ! Simplement un art de l'équilibre, une musique que l'on aborde aisémentsans en saisir tous les fondements. Un peu comme dans la musica fieta de Josquin Des Près; J-S BACH assimile l'héritage italien mais ne livre as les secrets du charpentier.